lundi 6 octobre 2014

French Review of EBAUCHE NOIRE Debut Album


"Pochoir de Cendre"

Post-Black Metal / Experimental

Belgique

Tape-album

Obscvre Vanity Records

2014

Première sortie d’une manigance “éructant” de l’esprit noir de R.O.P.S aka Lord Genocide (Vociferian, Conjurator, Macabra,…), Ebauche Noire s’affirme avec une sortie tape ne passant pas inaperçue et ça, grâce à un packaging de noble facture - incluant un patch à l’effigie du groupe - via le juvénile label américain Obscvre Vanity (label de Ghoat, Father Befouled). Distribué officiellement lors de cette rentrée 2014, ce “Pochoir de Cendre” marque donc la première clé de voûte de ce projet qui serait une suite du projet de R.O.P.S., Alienante Damnation.


Pourtant un gouffre béant  sépare les deux projets, qui sont bien deux univers distincts. Alienante Damnation par son Black Metal "barbare" et minimaliste  est plus proche de Vociferian et Ebauche Noire révèle des influences moins extrêmes, peut-être est-ce là un putsch musical consistant à marquer un changement radical d’orientation ? D’un côté un Black Metal impartial de submersion, et de l’autre pour Ebauche Noire, un Post-Black d’évasion.


Ce “Pochoir de Cendres” se découpe en deux parties ouvrant sur un titre aussi étendu et profond que son titre “The Sun And The Moon Forever Rise”, pour une durée de 31minutes de périple à travers les montagnes de cumulus dans les cieux. Plongés dans cette balade atmosphérique aux mélodies douces et éthérées, un environnement onirique se dessine tout aussitôt. En comparaison à une grande partie de groupes se rapprochant du Post-Black, les lignes guitares n’aspirent pas à un feeling dépouillé et existentiel, comme le ferait Austere pour l’exemple. Conduites par des structures progressives et très évolutives, une basse bien ronde et imposante, ces mélodies nous éloigneront de la stagnation et de l’ennui, n’hésitant pas à basculer en arpèges, aux riffs Doom en passant par de somptueux passages en sons claires typés Dark Folk, comme ce final à l’achèvement de la vingtaine de minutes, accompagné d’un chant clair radieux. Au sujet de la ligne chant, il faut savoir qu’elle se situe bien loin du guttural Black, mais plutôt proche d’un chant scandé, mi-clair, mi-granuleux, un peu comme pour Atriarch ou les passages grandioses de Neurosis nouvelle ère. S’il est clair que l’ambiance est riche sur cette piste, il n’en est pas moins des structures et de l’accompagnement de la batterie. Il serait médisant d’accorder à l’ensemble une juste égalité, je me dois de dire que la rythmique batterie, non dans sa technicité mais dans son enveloppe ne met pas toujours en valeur l’univers de cette balade. Oui, le son n’est pas assez noyé dans l’ensemble, elle est extérieure, je l’aurais bien imaginée avec plus d’effets de “reverb”, car elle marque parfois trop la découpe entre les changements de riffs le long du morceau.

Fin de l’escapade, nous voilà maintenant plongés dans un univers toujours aussi lumineux mais plus glacial et impie, le titre “Where Stars Like Tears Freeze To Crystal” s’ouvre à nous sous fond d’un torrent de blast-beats et de trémolos approfondissant un horizon plus axé Black Metal “frenchy”. Entre mélancolie et mélodies guerrières tranchantes, ce titre est une véritable catharsis. Il se présente comme l’aboutissement, une révélation après la trentaine de minutes d’ascension de son prédécesseur. Ici, on se retrouve face à des vocalises déchirantes, plus traditionnelles au BM pour 11minutes de frénésie pour clôturer ces 40minutes d’une démo chargée en émotion. Le reproche sur lequel je reviendrais est l’enveloppe sonore, non seulement de la batterie, mais de la fluidité du mastering, j’y vois comme une petite sècheresse sur les instruments.

Donc mis à l’écart cet aspect secondaire, cette “ébauche noire” reste un élément remarquable, le feeling est présent, l’atmosphère se dessine merveilleusement et ce Post-Black se trouve être plutôt original. On sent que cet horizon est encore expérimental et qu’il se doit d’être plus travaillé, mais l’essence y est ce qui rend ce projet largement prometteur. 

C. Neomalthusian.

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